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– 106 –

ainsi naissent les croyances

H/L: 81/100 - 1989

août 1989

– Je n’ai rien fait de tout l’été ; comme

si avoir peint “par devant” ces interminables

bandes vertes avait brisé un élan intérieur. Je

dois dépasser l’image, le sujet, le sens. Comment

régresser ? Comment atteindre le point zéro du

mouvement, pour l’inverser ? Des mois à penser la

peinture dans le vide, sans la peindre. Où cela me

mène-t-il ?

J’ai compris qu’il n’y avait rien à dire, à raconter.

Nous vivons tous les mêmes expériences, un nez,

deux yeux, une bouche ; tout le monde vous le

dira. L’artiste doit seulement s’attacher à montrer

ce qu’on ne voit pas : l’ébullition intérieure,

le chaos des moments indécis, les idées, claires

et nettes, bref de l’existence amalgamée à de

la durée. La peinture est musique, la peinture

est danse. Ce n’est pas un art figuratif. Il faut

travailler à rendre cela visible : l’invisible,

l’immatérialité de l’être, son insoutenable légèreté !

septembre 1989

– Rien de spécial. alors

j’observe, je m’interroge, je me retiens. S’il n’y

avait le saule, qui verrait le vent ?

octobre 1989

– Après trois ans dans les affres

du chômage, me voilà en “longue maladie”. C’est

un grand soulagement, administratif et mental !

J’essaie tout autre chose.