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FIN DES TARIFS : ÊTES-VOUS PRÊTS?

— 21

COMMENT EST CONSTRUIT

LE PRIXDE L’ÉLECTRICITÉ

«

L’électricité n’est pas un produit comme un autre ; elle ne

se stocke pas et de plus tous les kWh ne se valent pas : un

kWh consommé aux heures creuses

(la nuit ou le matin en été

par exemple)

n’a pas la même valeur qu’un kWh consommé

aux heures de pointe

(le soir en hiver par exemple),

tout

simplement parce que le coût de production de ces kWh

n’est pas le même

. Pour répondre à une demande aléatoire,

le producteur d’électricité va faire appel aux divers moyens de

production dont il dispose, en commençant, pour un parc donné

de centrales, par celles dont le coût variable est le plus faible

(en France, c’est l’hydraulique au fil de l’eau et le nucléaire).

Il appelle ensuite les centrales au charbon, puis celles au gaz,

voire au fuel, et fait éventuellement appel à l’électricité importée

pour l’extrême pointe, les réseaux européens étant fortement

interconnectés.

C’est la logique du « merit order ».

« De plus, cette électricité est transportée et distribuée par un

réseau coûteux à construire et à entretenir, et la composante

« réseau » du prix est fixée par le régulateur car elle correspond

à l’activité d’un « monopole naturel ». Pour un consommateur

domestique, cette partie « péage » d’accès au réseau représente

entre 40 et 50 % du prix HT ».

« La partie « production de kWh » est recouvrée par un tarif

de type binomial : une partie fixe (l’abonnement, qui dépend

de la puissance souscrite) et une partie variable (qui dépend

de la quantité de kWh consommée). Tout consommateur

souscrit une puissance en kW et utilise plus ou moins cette

puissance souscrite en consommant des kWh. Mais pour le

producteur, 6 kWh vendus à un consommateur qui a souscrit

1 kW de puissance qu’il utilise durant 6 heures, cela n’a pas

la même signification, en termes de contraintes et de coût,

que 6 kWh vendus à un client qui a souscrit une puissance

de 2 kW qu’il n’utilise que pendant 3 heures… Il faut prévoir

plus de puissance disponible dans le second cas.

La logique

économique requiert d’établir les tarifs en fonction du coût

marginal de production, c’est-à-dire du coût variable de

l’équipement marginal (le dernier équipement appelé). Tous

les kWh vendus à ce moment-là sont vendus à un prix qui

couvre ce coût marginal. »

Jacques Percebois

Docteur d’Etat ès Sciences

Économiques, agrégé

des Facultés de Droit et

des Sciences Économiques,

Professeur à l’Université

de Montpellier.

« Ce n’est pas tant

le volume consommé

qui fait le prix

de l’électricité

que le profil

de consommation

du client. »

CONNAÎTRE

LE MARCHÉ

P R O D U C T I O N