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Introduction

2. NOS PRODUITS,

MATIèRES PREMIÈRES

ET MODES

DE PRODUCTION

Air Liquide France Industrie travaille prin-

cipalement à partir de gaz issus de l’air :

oxygène, azote, argon et autres gaz rares

(néon, krypton, xénon) et en moindre quan-

tité avec des gaz d’autres origines tels que

l’hydrogène, le dioxyde de carbone, l’hélium

et l’acétylène.

Les gaz de l’air

L’air, qui se compose essentiellement

d’oxygène (21%), d’azote (78%) et d’ar-

gon (0,9 %), est une matière renouve-

lable et durable, qui représente la source

de la majeure partie des gaz produits par

Air Liquide France Industrie.

Air Liquide France Industrie exploite 16 uni-

tés de séparation d’air (ASU – Air Separa-

tion Unit), chargées de séparer l’azote et

l’oxygène, et parfois l’argon.

L’air est aspiré, filtré et séparé de la vapeur

d’eau et du CO

2

, puis comprimé. L’air sous

pression est refroidi à – 173 °C et liquéfié par

échange avec l’oxygène et l’azote produits;

les différents composés de l’air sont ensuite

séparés par distillation.

On obtient ainsi de l’azote, de l’oxygène

et, dans certaines installations, de l’argon

et des gaz rares liquéfiés.

Ce gaz est ensuite acheminé soit directe-

ment par canalisations sous forme gazeuse,

soit sous forme liquide par transport routier.

Le gaz peut également être transporté dans

des centres de conditionnement pour être

mis en bouteilles.

Ces usines « sans cheminée » n’ont re-

cours à aucun procédé de combustion.

Elles consomment presque uniquement

de l’énergie électrique et ne rejettent prati-

quement pas de CO

2

ni d’oxydes de soufre

(SO

x

) ou d’oxydes d’azote (NO

x

).

L’hydrogène et le monoxyde

de carbone

Air Liquide France Industrie produit de l’hy-

drogène à partir du procédé SMR (Steam

Methane Reforming, ou reformage de mé-

thane à la vapeur), qui utilise essentiellement

l’eau et le gaz naturel comme matières pre-

mières. Huit unités de SMR assurent cette

activité chez Air Liquide France Industrie.

Dans le procédé SMR, le soufre et les hy-

drocarbures lourds sont éliminés du gaz

naturel. Le méthane CH

4

ainsi obtenu est

ensuite introduit dans un four, provoquant

une réaction avec la vapeur d’eau sous

apport important de chaleur. Le produit

généré, le gaz de synthèse, ou syngaz, est

constitué essentiellement d’hydrogène H

2

et de monoxyde de carbone (CO).

Le syngaz est refroidi brutalement, et sa

chaleur est récupérée pour transformer l’eau

en vapeur.

Avec le refroidissement, le Syngaz subit une

réaction catalytique : le CO réagit avec la

vapeur d’eau pour produire de l’hydrogène

supplémentaire.

En sortie de réacteur, le mélange gazeux

est essentiellement constitué d’hydrogène

et de dioxyde de carbone. L’hydrogène est

purifié, puis distribué par canalisations, ou

par la route (conditionné en semi-remorque

batterie ou en bouteilles). Il peut être aussi

transporté sous forme liquide après liqué-

faction dans une usine spécifique alimentée

par canalisations.

L’hydrogène sert, notamment, à la désul-

furation des hydrocarbures afin de réduire

la teneur en soufre des carburants. En

2015, les volumes d’hydrogène fournis

par Air Liquide aux raffineries du monde

entier ont évité le rejet d’environ 1,2 million

de tonnes d’oxydes de soufre dans l’at-

mosphère. Ces unités émettent du CO

2

et

des oxydes d’azote NO

x

mais quasiment

pas d’oxydes de soufre (NO

x

).

Le dioxyde de carbone

Le dioxyde de carbone (CO

2

) est utilisé par

l’industrie, et notamment alimentaire, dans

les procédés de surgélation des aliments

ou d’élaboration des boissons gazeuses.

Cinq unités de valorisation du gaz dioxyde

de carbone (CO

2

) sont exploitées en France.

Pour quatre d’entre elles, le dioxyde de

carbone brut provient d’unités gérées par

des industriels en amont (producteurs d’am-

moniac ou de bioéthanol) et est acheminé

par canalisations pour ensuite être traité,

purifié et liquéfié. Une cinquième source est

opérationnelle depuis 2015, et correspond

au captage par cryogénie du CO

2

émis par

le SMR de Port-Jérôme, en Normandie.

Le CO

2

obtenu, dit «CO

2

pur », subit des

analyses rigoureuses avant d’être acheminé

sous forme liquide chez les clients ou dans

des centres de conditionnement pour mise

en bouteilles ou transformation en glace

carbonique.

Cette activité de transformation et purifi-

cation du dioxyde de carbone permet de

réutiliser le CO

2

à des fins industrielles et

d’éviter son rejet dans l’atmosphère.

L’hélium

On trouve des sources d’hélium dans six

pays du monde : les États-Unis, le Qatar,

l’Algérie, la Russie, la Pologne et l’Australie.

Présent à 0,3% dans les poches de gaz

naturel de gisements pétroliers, l’hélium est

purifié, concentré, liquéfié, puis acheminé

en France par bateau.

Qatar 2, la plus grande unité de purification

et de liquéfaction d’hélium au monde, a

démarré en 2013. Elle est exploitée par le

groupe Air Liquide en joint-venture avec un

partenaire local.

L’hélium est le liquide le plus froid existant

sur Terre (– 269 °C). Il est employé par les

laboratoires sous forme liquide pour refroi-

dir les aimants des appareils d’IRM et de

RMN. Dans l’industrie, l’hélium est utilisé

sous forme gazeuse, notamment pour la

fabrication des fibres optiques et des se-

mi-conducteurs.