Previous Page  52 / 79 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 52 / 79 Next Page
Page Background

– 126 –

août 1990

– J’inverse, je dédouble, je

cherche un huis clos entre moi et mon Moi.

J’ai longtemps joué seul aux échecs… C’est

insoutenable de penser pour les noirs et

ensuite pour les blancs, connaissant les deux

pensées, c’est-à-dire ma seule pensée ! C’est

insoutenable d’engager des batailles réfléchies,

pour des matchs nuls perpétuels. Je ne sais pas

si c’est moi qui pense, ou toi qui me parles…

Il m’arrive de ne pas savoir si je suis toi, ou

si tu es moi ? Nous sommes le pile et le face

d’une même monnaie. Je me trouve dans cette

position magique où le soleil éclaire seulement

la moitié de la lune, mais l’esprit sait que

l’autre moitié est là ; accolée dans l’espace

sombre. L’un peint, l’autre chasse le sujet ! Je

regarde l’infini, et là où je ne vois que vide,

l’autre explore le royaume intérieur.

“Comme dans un miroir, la forme et le reflet

se regardent. Vous n’êtes pas le reflet, mais le

reflet est vous”

Hokyo Zan Mai

Silhouette de la girouette du village

H/L: 61/50 - 1990

place du village de la girouette

H/L: 60/81 - 1990

septembre 1990

– Registre spirituel où tout

s’exprime en “double” comme un échange

métaphysique, entre moi et mon Moi. Dans ces

diptyques bord à bord, comme des siamois qui

diffusent l’un dans l’autre, je guette complicité,

rivalité, convivialité, partage… Une sorte de

médaille coupée dans son épaisseur et ouverte

pour en montrer les deux faces à la fois. Deux,

dans le même cerveau ?

“La peinture est chose mentale”

Leonardo da vinci

octobre 1990

– Je peins de grands polyptyques

sans fin, où chaque tableau féconde le suivant (par

ses arêtes), où chaque œuvre semble “poser” pour

sa voisine… De larges griffures côtoient désormais

des instants de marbrure. Je découvre mes

particules élémentaires, une sorte d’alphabet pour

une langue que personne ne parle… J’ânonne, je

bégaie, je laisse les affinités, les répulsions, les

logiques immanentes jouer selon leurs propres

règles, mais j’ai la psychose de l’accoutumance.

Je veux rester “cyclique”, à la façon des saisons,

merveilleusement en accord avec les rythmes de la

nature. Il m’arrive parfois de me “redire”, d’avoir

des gestes ponctuels à répétition. Ce sont bien sûr

des pieds de nez !