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Janvier 1983
– Tout ce que nous ne savons pas,
voilà l’image de l’infini. Notre savoir (ou plus
exactement “notre interprétation du monde”),
nous a rendus sots et orgueilleux. La réalité, la
réalité réelle
de l’univers (celle qui se compte
en mégaparsecs), nous ne la voyons pas. Nous
ignorons ce que nous avons sous les yeux, au-
dessus de la tête et forme la tapisserie du réel.
Ce petit bout de lorgnette que nous appelons
connaissance est un conte pour enfants apeurés.
Comme il n’y a rien devant nous, que l’infiniment
grand et l’infiniment petit, nous avons bâti une
niche confortable où des dieux bienveillants
veillent sur nos marelles. Sottises ! La terre tourne
et le monde n’est pas une cour de récréation.
Nous nous agitons. Voilà notre vérité. Même vivre
et mourir ne sont que deux verbes abstraits, une
simple vibration de l’air. Que croit-on savoir ?
“
il est beau…
comme la rencontre fortuite,
sur la table de dissection,
d’une machine à coudre
et d’un parapluie.
”
Lautréamont – les chants de maldoror, chant VI.




