04 Rapport de durabilité Pollution (E2) 4.3.4.2 Pollution de l’eau : la mobilisation d’une première approche de compréhension de l’impact du Groupe 4.3.4.2.1. Des actions et ressources en cours de construction Les actions en matière de pollution de l’eau conduites en 2024 concernent la compréhension de l’impact potentiel des eaux rejetées par les sites industriels Michelin dans le but d’établir une cible pertinente sur ce domaine. Ainsi, en 2024, une évaluation des polluants considérés comme matériels a été conduite sur le périmètre des activités pneumatiques (1). La liste de substances obtenue a permis de mettre en place un plan de mesure sur le périmètre des activités pneumatiques. Compte tenu des enjeux, l’intérêt est de pouvoir rapporter en 2025, mais surtout de mieux quantifier les impacts de nos rejets industriels. Le périmètre évalué sera étendu à moyen terme aux autres activités du Groupe. Toujours dans l’objectif de comprendre l’impact de ses rejets, le Groupe a réalisé en 2024, sur 3 sites industriels sur 3 continents différents, une étude comparative de deux méthodologies permettant de fixer des cibles en termes de pollution de l’eau : la première méthode est issue de l’initiative SBTN (Science-Based Targets Network), plus particulièrement du guide technique Measure, set & disclose freshwater targets, et la seconde, dite de « compatibilité des eaux rejetées avec le milieu récepteur », de la directive-cadre sur l’eau. Le retour d’expérience a pour objectif d’aider le Groupe à définir le bon niveau d’ambition en termes de qualité de l’eau rejetée, au-delà de la réglementation ou des prescriptions applicables – ambition qui est intrinsèquement liée au contexte local de chaque site. Enfin, et dans le but de préserver la biodiversité, le Groupe lutte contre la pollution par les produits phytosanitaires sur ses sites industriels en déployant un plan de suppression de ces produits. L’ambition est, à l’horizon 2030, que 100 % des sites soient « zéro produits phytosanitaires » pour l’entretien des espaces extérieurs. Michelin s’appuie sur une implication active des prestataires en préconisant, par exemple, de laisser les espaces extérieurs en « développement libre », ou l’utilisation d’alternatives mécaniques ou thermiques. À fin 2024, 45 sites dans le Groupe pratiquent l’entretien des espaces extérieurs sans recours aux traitements phytosanitaires, contre 22 en 2023. 4.3.4.2.2. La construction de cibles dédiées Michelin est convaincu que l’établissement de cibles sur la qualité de l’eau rejetée ne peut se faire qu’à l’échelle de chaque bassinversant dans lequel il opère. Est ainsi menée une réflexion pour définir une méthode de détermination des cibles, compatible à la fois avec le contexte international du Groupe, et avec le contexte local et environnemental de chaque site. En parallèle, la priorité du Groupe est de mettre en place un plan de mesure sur les substances retenues comme matérielles, afin d’être en mesure de suivre son impact et l’efficacité des actions réalisées. 4.3.5 LA GESTION DES RISQUES CHIMIQUES PAR LE GROUPE 4.3.5.1 Une politique centrale du Groupe sur la gestion des risques chimiques Dans le cadre de sa politique de Gestion des risques chimiques, le Groupe vise à éliminer progressivement les substances potentiellement nocives pour la santé humaine ou pour la biodiversité au niveau des phases de fabrication et d’usage. Cette politique s’appuie sur l’application des principes fondamentaux suivants : n anticiper les risques émergents et éviter d’introduire des risques liés à de nouveaux produits chimiques ou procédés ; n reconnaître et évaluer les risques existants des produits chimiques pour la santé humaine et l’environnement ; n maîtriser les risques en mettant en œuvre et en maintenant des mesures adéquates, dont la substitution qui est toujours priorisée si elle est techniquement possible et ne nuit pas à la performance du produit, notamment sécuritaire ; n confirmer l’application et l’efficacité de ces mesures de contrôle. Les risques chimiques sont pris en compte sur l’ensemble du cycle de vie des produits Michelin, dans la mesure des connaissances disponibles dans le Groupe et dans des conditions d’utilisation raisonnablement prévisibles. La priorisation des objectifs et plans d’action se fait en proportion des enjeux. Elle est fondée sur les ambitions, les engagements, la perception des attentes des parties prenantes, et sur la faisabilité des actions à moyen terme. Elle est validée par la Gouvernance Environnement ou par la Gouvernance Santé Sécurité des Personnes, selon les sujets. Cette politique s’accompagne d’un processus de validation « Hygiène Santé et Environnement » (HSE) de l’utilisation de produits chimiques qui en spécifie les règles de base d’utilisation et de gestion, en s’appuyant sur leurs classes de dangers, dont celle des substances extrêmement préoccupantes ou SVHC (inscrites sur la candidate list de REACH). Par ailleurs, afin de garantir la meilleure performance de ses produits en termes d’endurance, d’adhérence, de sécurité, Michelin a historiquement adopté une intégration verticale pour la production de certains composants, notamment les renforts textiles ou métalliques, et les élastomères de synthèse. (1) Hors celles relevant de ex-Camso. 227 DOCUMENT D’ENREGISTREMENT UNIVERSEL 2024_MICHELIN
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